Orage, désespoir !

La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!
Hugo
Le vent veut-il souffler toute la colère que je ressens, contre le destin, contre les hommes, contre la vie ? Le ciel veut-il remplir, de toute l'eau des nuées, les vides qui se creusent en l'homme, les manques qui me déchirent ? Il ne ventera pas assez fort, il ne pleuvra pas assez longtemps...
Hier soir, un garçon a encore failli me faire croire qu'il pourrait se passer quelque chose. J'ai été heureux quelques minutes, j'ai touché du doigt le bonheur, il s'en est évaporé. C'est une fatalité... comment ne pas le croire ? Comment espérer encore qu'un jour, quelqu'un me donnera ma chance. Me donnera le temps de montrer qui je suis, combien je peux aimer, combien nous serions forts et beaux si nous étions deux.
Pourquoi tout le monde ne voit-il que cette facade imparfaite ? Pourquoi les hommes que j'aimerais aimer ne pensent-ils pas qu'il y a, sous cette peau qu'ils touchent, une âme qu'ils ne devraient pas blesser ?

Et toujours, se relever. Oublier ou se détacher de ce qui blesse, de ceux qui blessent. Il ne faudra pas, ensuite, m'accuser d'être froid... les coeurs morts ne se réchauffent pas.
On doute
La nuit...
J'écoute: -
Tout fuit,
Tout passe;
L'espace
Efface
Le bruit.
Hugo


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